Ingrid Caven, chanteuse allemande mythique, égérie de Fassbinder, a donné son nom au titre du nouveau prix Goncourt. Sur le guéridon du café est posé un exemplaire du livre de Jean-Jacques Schuhl et sur le livre, la main d'Ingrid Caven. Elle l'a d'abord lu par morceaux. Schuhl, son compagnon, se faisait conter et reconter les épisodes de son histoire et même lui demandait de mimer.
"J'avais confiance, je savais qu'il ferait une écriture á une vraie écriture." Il a pris du temps, des années. Il l'a tissée. Elle était l'héroïne de roman. Ses ongles violets parfois s'avancent, et la main caresse la couverture. "Ça m'a soulagée, il y a des choses que je peux oublier, maintenant."Marie-Dominique Lelièvre / Libération - 31 octobre 2000
"(...) C'était au Pigall's, en 1978. Il y avait une grande affiche noire à l'entrée, des tables avec du champagne. Elle portait la robe noire qu'Yves Saint Laurent avait taillée sur son corps. Toute sa bande l'accompagnait : Daniel Schmid à la mise en scène, Peer Raben pour la musique, Hans Magnus Enzensberger et Fassbinder pour les textes."
"Et vite, très vite, ils sont tous venus. Michel Guy et Marguerite Duras, les nyctalopes, et les interlopes, le monde bruissant, fébrile, marginal et vital de Paris. Emportés par la voix, le jeu et la présence d'Ingrid Caven, toujours à la limite, au bord du déséquilibre, sublime."
'Brigitte Salino / Le Monde ˜ 30 octobre 2000
à écouter
Chambre 1050, Tricatel, novembre 2000