Le roi Agamemnon, pour assurer à la flotte grecque un vent propice au cours de sa traversée vers Troie, avait sacrifié aux dieux sa fille Iphigénie. Dix ans après, dès son retour victorieux dans son palais, son épouse Clytemnestre le tue, avant de tomber à son tour sous les coups de son fils Oreste. L'Orestie est une vieille histoire de sang versé, de passé qui n'en finit pas de ressurgir, l'histoire d'une vengeance interminable qui prélude à la naissance nécessaire et tourmentée d'une nouvelle conception de la justice. Car l'Orestie est contemporaine des premiers temps de la démocratie athénienne, de l'ouverture d'un espace critique jusque-là inouï, l'espace discursif du débat et de l'interrogation argumentée. Cet espace, le théâtre grec s'y est lui-même constitué et continue aujourd'hui encore d'en porter témoignage. Georges Lavaudant semble avoir pris plusieurs années à en préparer l'approche. Entre 1994 et 1997, il a notamment intégré à Lumières I un court montage d'après Agamemnon ou présenté au Petit Odéon Ajax-Philoctète, qu'il reprendra à l'automne dans la Cabane. Avec l'Orestie, pour la première fois, il se confronte pleinement à la tragédie grecque en tant que "grande forme". " Athènes, 458 av. J.-C. "Sous l'archontat de Philoclès, la 2ème année de la 80ème Olympiade", Eschyle, soixante-sept ans, remporte le premier prix du concours tragique avec l'Orestie. Puis il repart en Sicile, à l'invitation du tyran Hiéron de Syracuse. C'est là qu'il meurt, à Géla, en 456. Selon la légende, un aigle aurait pris son crâne pour un rocher et aurait laissé tomber dessus une tortue pour la briser.
à lire...
J.-P. Vernant et P. Vidal-Naquet : Mythe et tragédie en Grèce ancienne, Paris, Maspero, 1977.
H. C. Baldry : Le théâtre tragique des Grecs, Paris, Presses Pocket, 1985.