Retour à la liste
logo Théâtre de l'Odéon
 |   Contacts
 |   Mécénat & Développement |   InfoLettre   |
Facebook
Dernière minute
  • Soirée exceptionnelle
    Algérie(S) : Lundi 13 février 20h. Pour le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie. Projection de Méditerranées un film d'Olivier Py, suivi du spectacle Le Contraire de l'Amour de Mouloud Feraoun.
  • Lecture musicale
    Marianne Faithfull : Mercredi 15 février à 20h.
    Les Sonnets de Shakespeare
    .
    Accompagnée de Vincent Segal, violoncelle.
  • Villes en scène
    Six théâtres européens se mobilisent pour renforcer le lien entre création artistique et citoyenneté, autour du thème du vivre-ensemble dans la ville. Première création : EXILS, de Fabrice Murgia, à Bruxelles.
Précédent Suivant
Présent composé
En février 2012, venez partager avec nous :
. une rencontre philo pour vous apprendre à "traverser les catastrophes" !
. une soirée exceptionnelle consacrée à l'Algérie,
. une découverte des philosophes amoureux : Heiddegger et Hannah Arendt par Raphaël Enthoven,
. un entretien avec Julie Wolkenstein autour de Marcel Proust.
. une lecture musicale de Shakespeare par Marianne Faithfull ...

En savoir +
 
 
picto librairie
L'Odéon en librairie
Vous n'avez pas le plugin Adobe Flash.
Pour le télécharger cliquez ici :
Plugin Flash

Phèdre

Création
Berthier grande salle 15 Janvier 2003 > 20 Avril 2003
Agrandir le texteEnvoyer le lien de cette pageImprimer cette page
Envoyer à un ami : Documentation > Archives saisons passées > Les saisons passées > saison 2002 - 2003 > Chéreau Patrice

 
 
 
 

En 1995, à la fin des répétitions de Dans la solitude des champs de coton, la costumière Moidele Bickel dit à Patrice Chéreau : "Maintenant, tu dois faire Racine, et de la même façon", ajoutant qu'il lui revenait d'en explorer la langue "comme cela". L'invitation, dans ce qu'elle avait d'énigmatique, n'était pas faite pour être oubliée ; en relisant Racine, Chéreau vit le sens qu'elle prenait pour lui. La traversée de l'œuvre de Koltès l'avait peut-être préparé à déchiffrer, sous la clarté des chaînes de la syntaxe, la hantise d'une autre face du langage, fuyante, enfouie, indicible, condamnée pourtant à s'ouvrir avec insistance une voie vers le jour. Phèdre est la grande tragédie des aveux, que l'inavouable sous-tend à chaque pas. Toute l'intrigue est rythmée par l'agonie, formant une brève parenthèse solaire et implacable séparant les deux protagonistes de leur fin. Phèdre et Hippolyte sont comme les deux versants d'un même destin (Racine associe d'ailleurs leurs deux noms en 1677 dans le titre de l'édition originale, dont la ponctuation fluide et sinueuse a la préférence de Chéreau). L'un de ces versants est pur ; l'autre est maudit. Mais ils ne se laissent pas séparer et semblent dans leur duel se contaminer l'un l'autre, nouant d'étranges complicités. L'un et l'autre, succombant à la tentation, laissent échapper une parole qui nomme leur désir ou leur faute, et que rien ne rattrapera plus. L'un et l'autre, en gardant le silence sur leur face-à-face, se feront complices d'un même secret fatal. Et tous deux, quand s'ouvre le drame, sont en fuite. Dès le premier vers, Hippolyte proclame sa décision : partir à la recherche de Thésée. Rêvant d'errance et d'aventure, il se voudrait l'émule de son père, "Héros intrépide" qui purgea l'univers de ses "Monstres étouffés". Phèdre, dès son entrée, annonce en revanche qu'il lui faut "demeurer". Elle ne peut disparaître qu'en se laissant mourir, marchant ainsi sur les traces d'un époux "qui va du Dieu des morts déshonorer la couche". Hippolyte voudrait filer à la surface du monde ; Phèdre, s'enfoncer vers les Enfers. De Thésée, le grand absent héroïque et volage, le maître paradoxal de l'ordre et de la jouissance, dont la volonté fait loi au point que ses paroles prennent corps, son fils voudrait imiter les exploits, et son épouse, la puissance de transgression... Pour explorer les secrets de cette "injuste Famille", Patrice Chéreau a réuni Pascal Greggory (Thésée), Eric Ruf (Hippolyte) et Christiane Cohendy (Oenone), Michel Duchaussoy (Théramène) et Marina Hands, Agnès Sourdillon et Nathalie Bécue. Et c'est à Dominique Blanc (que le public de l'Odéon a tant aimée dans Une maison de poupée, en 1997), qu'il a choisi de confier, après des années de travail commun, l'un des rôles les plus importants et les plus lourds du répertoire.


 
 
 
|  Crédits
|  InfoLettre