Chéreau Patrice
Chéreau rencontre le théâtre au lycée Louis-Le-Grand, où il participe au groupe de théâtre amateur avec Jean-Pierre Vincent, Jacques Schmidt, Jérôme Deschamps.
De 1966 à 1969 il se voit confier la direction du théâtre de Sartrouville, où il monte
les Soldats de Jacob Lenz. Il doit cependant mettre la clef sous la porte, pour cause de faillite et faute d'avoir pu, pour des raisons financières, établir le théâtre populaire dont il rêvait. Il séjourne alors longuement en Italie, de 1969 à 1972, en particulier au Piccolo Teatro de Milan, dirigé par Giorgio Strehler, qui influera de manière déterminante sur sa formation de metteur en scène.
Rentré en France, il codirige avec Roger Planchon et Robert Gilbert le Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Là, il monte
la Dispute de Marivaux, en 1973. C'est son premier grand succès. Il a montré qu'on pouvait sortir Marivaux du marivaudage : "Marivaux ouvre la porte et Sade entre", écrit-il.
De 1976 à 1980 il travaille à Bayreuth avec Pierre Boulez sur le
Ring de Wagner, remaniant sans cesse, jusqu'à obtenir l'immense succès qu'on connait. Chéreau cherche à l'Opéra "une sorte d'incandescence du théâtre".
Son équipe, formée de Jacques Schmidt, costumier, et Richard Peduzzi, décorateur, est désormais en place. Il montre un autre spectacle-somme : le
Peer Gynt d'Ibsen, où il déploie toutes les faces de son talent, participant même aux décors.
En 1982 il est codirecteur (avec Catherine Tasca) du Théâtre des Amandiers de Nanterre. Il mêle scène théâtrale, école de théâtre et cinéma dans le même lieu. Là, il monte la quasi-totalité de l'oeuvre de Koltès, et travaille dans la proximité immédiate de l'auteur.
Après avoir longuement célébré dans ses mises en scènes le théâtre à l'italienne et sa machinerie, aux Amandiers il fait éclater la scène et intègre la salle, par exemple dans sa mise en scène des Paravents de Genet. Il monte en 1987 Platonov de Tchekhov, avec les élèves de son école.
Depuis 1990 Chéreau mène une carrière d'artiste indépendant, et se tourne de plus en plus vers le cinéma. La Reine Margot (1994) est un vrai succès populaire.
Il a reçu en 2008 le prix Europe pour le Théâtre.
A l'Odéon,
- il a mis en scène Le temps et la chambre de Botho Strauss (1991)
- puis une nouvelle version de Dans la solitude des champs de coton, de Koltès, en 1995. Ce spectacle a tourné dans de nombreux pays.
- En 2003 il a mis en scène la Phèdre de Racine, inaugurant magistralement les Ateliers Berthier de l'Odéon.
Il a également lu sur la scène de l'Odéon deux textes de Dostoïevski :
- Les Carnets du sous-sol, en mars 2002
- Le Grand inquisiteur, un extrait des Frères Karamazov, en déc. 2006
et Coma, de Pierre Guyotat, en avril 2009