Sept spectacles. Sept vrais spectacles.Ni des mises en espace, ni des lectures, ni des maquettes, mais des oeuvres abouties. Une demi-douzaine, donc, de premières ou deuxièmes mises en scène. Sept projets sur plus d'une quarantaine, découverts et sélectionnés au fil des mois pour être présentés ensemble au public de l'Odéon. Cette anthologie ne prétend pas offrir un portrait fidèle de l'état des lieux du jeune théâtre en France. En la découvrant, toutefois, on note certains signes qui prêtent à se réjouir. D'abord, de plus en plus de jeunes femmes ont l'ambition d'assumer la responsabilité artistique du travail théâtral. Ensuite, les spectacles proposés peuvent venir de province ou de l'Île-de-France, être issus ou non de collectifs formés dans les écoles, ce qui témoigne de la vitalité du désir de théâtre à travers le pays. Enfin, l'équilibre entre textes contemporains et grand répertoire, auteurs français et étrangers, témoigne de l'étendue de la curiosité des jeunes compagnies. Souhaitons-leur, elles le méritent, que la curiosité de notre public leur répondra !
Théâtre de l'Odéon – 6e> mardi 5 et mercredi 6 mai à 20h
Toâ de Sacha GUITRY / Compagnie La Piccola Familia /
Metteur en scène : Thomas JOLLY
Thomas Jolly décape et s'approprie l'un des sommets de l'autofiction, millésime 1949 : dans cette «pièce-bilan», Guitry mélange tout – le public et l'intime, le théâtre et la vie, les vertiges de l'amour et les tourments du réel – et tend lamain, contre toute atte
nte et par delà les modes, à une nouvelle génération qui sait se reconnaître en lui.
Recadrant le texte, Jolly impose un code de jeu d'une grande netteté, dans un espace élégant et inventif.
Durée : 1h40> vendredi 8 et samedi 9 mai à 20h
Henry VI de SHAKESPEARE / Compagnie Machine Théâtre /
Metteur en scène : Nicolas OTON
Un «théâtre de la démesure», dont le matériau de départ compte 12000 vers ! La qualité n'est pas en reste : en trois drames épiques, lyriques, tragiques, comiques, historiques, Shakespeare inaugure les questions de la modernité comme autant de «sombres échos silencieux sur un champ de bataille».
Dans ce montage très clair, tous les acteurs s'emparent du récit pour ne plus le lâcher. Le dispositif, simple et puissant, entre sauna et boucherie, sert parfaitement le projet.
Durée : 2h50 sans entracte.>
vendredi 15 et samedi 16 mai à 20h
Ursule de Howard BARKER / Compagnie du Zieu dans les bleus /
Metteurs en scène : Nathalie GARRAUD et Olivier SACCOMANO
Revoici donc, déjà, Barker à l'Odéon. S'inspirant d'un tableau de Cranach donnant à voir le dernier épisode de la légende de Sainte
Ursule, le dramaturge anglais invente une fable envoûtante, moderne et médiévale à la fois. Dix jeunes novices, conduites par leur Mère supérieure, traversent l'estuaire dans une somptueuse lumière de crépuscule pour rejoindre le seigneur Lucas et le destin sacrificiel qui les attend... Une superbe interprétation, à la hauteur du tragique barkérien.
Durée : 2h40
Ateliers Berthier – 17ePetite salle > vendredi 8 et samedi 9 mai à 19h
Foucault 71 épisode 0 / collectif F71
Puisant dans les écrits de Michel Foucault, les comédiennes du collectif F71 ont travaillé autour de trois événements qui suscitèrent son engagement au cours de l'année 1971 : la création du Groupe d'Information sur les Prisons (GIP) ; le passage à tabac du journaliste Alain Jaubert ; la fondation du Comité Djellali.
Un intelligent «portrait du militantisme des intellectuels de l'après-Mai 68» qui nous offre «l'occasion d'explorer nos propres questionnements sur la société».
Durée : 1h30
Grande salle > vendredi 8 et samedi 9 mai à 21h
Macbeth (Inquiétudes) d'après William SHAKESPEARE, Heiner MÜLLER et Ismail KADARÉ / Compagnie des Hommes approximatifs /
Mise en scène : Caroline GUIELA et Alexandre PLANK
Macbeth (inquiétudes), mêle à la fureur shakespearienne l'angoisse existentielle et la solitude d'un couple. Shakespeare dialogue ici avec Heiner Müller et Ismail Kadaré. La pièce s'ouvre sur un monde d'une délicate cruauté : un état s'employant avec délices et ardeur à abandonner tous les costumes servant à déguiser la brutalité des intérêts individuels. Sur scène, neuf jeunes comédiens scrutent et dissèquent cette part de soi qui, cherchant à s'emparer du pouvoir et du réel, n'engendre que l'inquiétude et l'insupportable souillure d'être au monde.
Durée : 1h55
Grande salle > mercredi 13 et jeudi 14 mai à 21h
À petites pierres de Gustave AKAKPO / Compagnie l'Antre du monstre /
Metteur en scène : Thomas MATALOU
Un théâtre soucieux de justice, invitant à la prise de conscience, sans rien lâcher sur l'exigence de la forme. Le Togolais Gustave Akakpo se place dans la lignée de Molière et signe en quelque sorte une effroyable
École des femmes. Car on rit, bel et bien, malgré la gravité du propos.
Thomas Matalou, avec les armes du théâtre de tréteaux, construit et déconstruit à vue les codes de la scène : ludique, vive, efficace, sa fabrique à jouer réconcilie le rire et la réflexion.
Durée : 1h30Petite salle > jeudi 14 et vendredi 15 mai à 19h
L'Enfant Meurtrier de Lazare HERSON-MACAREL / Compagnie de la jeunesse aimable / Metteur en scène : Lazare HERSON-MACAREL
Metteur en scène, comédien, Lazare Herson-Macarel est l'auteur de plusieurs pièces remarquées, dont
No Kind (2007). Sa dernière création parcourt, depuis «l'enfant» jusqu'au «meurtrier», les maillons d'une implacable chaîne tragique : ici, les vengeances qu'engendre «un moment d'extase dionysiaque» sont «toutes cruelles, toutes folles, toutes légitimes».
Ce conte sombre et violent, déployé hors du temps dans une Pologne de fantaisie, est porté par une écriture où «la douleur est convertie en un chant».
Durée : 1h30 (à confirmer)
Vous trouverez plus d'informations dans le dépliant en téléchargement.