
Documentation > Archives saisons passées > Les saisons passées > Saison 2009 - 2010
La Petite Catherine de Heilbronn
reprise
d'Heinrich von Kleist - mise en scène André Engel
Ateliers Berthier
02 Décembre 2009 > 31 Décembre 2009
d'Heinrich von Kleist - mise en scène André Engel



Envoyer à un ami : Documentation > Archives saisons passées > Les saisons passées > Saison 2009 - 2010 > Engel André
Heinrich von Kleist
Une reprise qui s'imposait. Cette gageure théâtrale, superbement réalisée par André Engel et les comédiens qui le suivent depuis Léonce et Léna, Le Jugement dernier ou Le Roi Lear, a été distinguée en 2008 aux Molières.
Ces cinq actes-là tiennent un peu de tous les genres : feuilleton amoureux à rebondissements, La Petite Catherine est aussi une chronique médiévale, un conte fantastique, un roman policier, une légende de cape et d'épée, un mythe intemporel, un poème mystique, une ballade populaire... un beau voyage dans l'étrange et le magique pour cette période des fêtes ! L'intrigue est folle : Catherine, une jeune orpheline de mère âgée d'à peine seize ans, de naissance modeste, quitte tout, du jour au lendemain, pour suivre sur les routes, sans une plainte et sans un mot d'explication, le Comte Wetter von Strahl. Or rien dans l'existence de la petite Catherine ne laissait présager une vocation de vierge folle ou de fille à soldats... Effaré, son père en vient donc à attribuer des causes surnaturelles à son attitude : selon lui, Strahl doit avoir ensorcelé la malheureuse. Il lui intente donc un procès devant l'imposant Tribunal de la sainte Vehme, afin de le contraindre à rendre compte de ses actes. La pièce s'ouvre sur la première séance du procès, qui voit s'affronter le vieux Théobald et le Comte, qui plaide sa bonne foi et certifie n'avoir jamais vu le visage de Catherine avant une rencontre de hasard qui eut lieu en présence du père. Ce qui est d'ailleurs la stricte vérité. Pourquoi donc, sans que rien ne puisse l'arrêter, la jeune femme s'est-elle précipitée à la suite de Strahl, allant jusqu'à se rompre les deux jambes en se jetant par la fenêtre ? Contre toute attente, un premier interrogatoire mené par le Comte en personne ne fera qu'aggraver le mystère... On songe à Pascal, notant dans ses Pensées : «je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger». Mais de quoi Catherine porte-t-elle témoignage ? Le sait-elle ? Se pourrait-il que la petite Catherine ait contemplé le visage du bien-aimé en un temps qui ne soit pas de ce monde ? Théobald, qui l'a vue poser son premier regard sur le Comte et tomber aussitôt face contre terre «à ses pieds, comme si un éclair l'avait foudroyée», a peut-être raison de soupçonner l'intervention d'une puissance surnaturelle – mais est-elle nécessairement de nature démoniaque ? La fille d'un simple armurier ne saurait prétendre épouser un aussi noble chevalier – mais s'il fallait pourtant que cela soit, s'il était nécessaire que l'impossible devienne réel ? Pour que l'homme et la femme, ces deux pièces d'un puzzle onirique, puissent se rejoindre, c'est tout un monde qui devra être traversé. Et qui le sera – comme s'il n'en fallait pas moins pour réinventer Eve et Adam.
Ces cinq actes-là tiennent un peu de tous les genres : feuilleton amoureux à rebondissements, La Petite Catherine est aussi une chronique médiévale, un conte fantastique, un roman policier, une légende de cape et d'épée, un mythe intemporel, un poème mystique, une ballade populaire... un beau voyage dans l'étrange et le magique pour cette période des fêtes ! L'intrigue est folle : Catherine, une jeune orpheline de mère âgée d'à peine seize ans, de naissance modeste, quitte tout, du jour au lendemain, pour suivre sur les routes, sans une plainte et sans un mot d'explication, le Comte Wetter von Strahl. Or rien dans l'existence de la petite Catherine ne laissait présager une vocation de vierge folle ou de fille à soldats... Effaré, son père en vient donc à attribuer des causes surnaturelles à son attitude : selon lui, Strahl doit avoir ensorcelé la malheureuse. Il lui intente donc un procès devant l'imposant Tribunal de la sainte Vehme, afin de le contraindre à rendre compte de ses actes. La pièce s'ouvre sur la première séance du procès, qui voit s'affronter le vieux Théobald et le Comte, qui plaide sa bonne foi et certifie n'avoir jamais vu le visage de Catherine avant une rencontre de hasard qui eut lieu en présence du père. Ce qui est d'ailleurs la stricte vérité. Pourquoi donc, sans que rien ne puisse l'arrêter, la jeune femme s'est-elle précipitée à la suite de Strahl, allant jusqu'à se rompre les deux jambes en se jetant par la fenêtre ? Contre toute attente, un premier interrogatoire mené par le Comte en personne ne fera qu'aggraver le mystère... On songe à Pascal, notant dans ses Pensées : «je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger». Mais de quoi Catherine porte-t-elle témoignage ? Le sait-elle ? Se pourrait-il que la petite Catherine ait contemplé le visage du bien-aimé en un temps qui ne soit pas de ce monde ? Théobald, qui l'a vue poser son premier regard sur le Comte et tomber aussitôt face contre terre «à ses pieds, comme si un éclair l'avait foudroyée», a peut-être raison de soupçonner l'intervention d'une puissance surnaturelle – mais est-elle nécessairement de nature démoniaque ? La fille d'un simple armurier ne saurait prétendre épouser un aussi noble chevalier – mais s'il fallait pourtant que cela soit, s'il était nécessaire que l'impossible devienne réel ? Pour que l'homme et la femme, ces deux pièces d'un puzzle onirique, puissent se rejoindre, c'est tout un monde qui devra être traversé. Et qui le sera – comme s'il n'en fallait pas moins pour réinventer Eve et Adam.











