Alexandre Dumas :
"L'Odéon joua une fois pour un spectateur qui refusa de reprendre son argent, exigea que l'on jouât pour lui et siffla. Mais en sifflant, le malheureux avait donné une arme contre lui: le directeur fit venir un commissaire de police, qui, sous prétexte que le siffleur troublait la représentation, le mit à la porte." Ordonnances et arrêtés du Ministère du Commerce, des Travaux Publics et des Beaux-Arts mettent l'Odéon à la disposition de la Comédie Française et diverses autres troupes, ce qui lui vaudra le surnom dérisoire de "Théâtre omnibus" et la désaffection de son public. Les efforts des directions Lireux et Bocage valent au théâtre quelques jolis succès portés par les grandes comédiennes que sont Marie Dorval , Rachel ou Melle George .
Mais les difficultés financières s'accumulent jusqu'à la fermeture du théâtre entraînée par la révolution de février 1848. Théophile Gautier très attentif à la vie du théâtre témoigne de cette étrange existence: "L'Odéon ne peut vivre ni mourir, c'est là son défaut. Il a des éclipses et des époques d'intermittence ; mais ses crises ne durent pas longtemps. Le moribond se reprend à la vie, sauf à retomber en léthargie quelques mois plus tard. Personne ne peut le tuer ni le ressusciter : il ouvre mais c'est pour fermer ; il ferme mais c'est pour rouvrir."