Le 27 juin 1794 instauration du Théâtre de l'égalité, "par et pour le peuple", dans une salle transformée en amphithéâtre égalitaire tendu de draperies bleu-blanc-rouge. Libérés à la chute de Robespierre, les ex-Comédiens Français font une rentrée triomphale dans leur théâtre en août 1794, mais le mélange des troupes conduit fatalement à la dissolution et à la fermeture du théâtre en décembre de la même année. La salle devient le lieu de rassemblements politiques agités.
C'est en 1796 que le Théâtre-Français prend le nom d'Odéon, de l'antique "Odeum", lieu où l'on chante, où l'on déclame en chantant. Un arrêté du Directoire exécutif du 13 juillet 1796 concède le Théâtre-Français aux entrepreneurs Poupart-Dorfeuille et Cie pour y établir un théâtre National: "L'Odeum est un institut destiné à former une nouvelle génération d'artistes dramatiques, à susciter non seulement des interprètes, mais des poètes tragiques et comiques, bref à donner nouvelle vie à tous les talents qui peuvent embellir le théâtre de la France". L'entreprise avorte rapidement et ne laisse à la postérité que l'appellation grecque du théâtre. Le bail est concédé à un ancien banquier, Sageret, qui le premier divise le Théâtre-Français en deux sections - rue de la Loi (Richelieu) et Luxembourg (Odéon) - sans que les comédiens ne soient exclusivement attachés à une seule salle. Mais Sageret aussi baissera les bras devant les difficultés financières.